CONFERENCE INTERNATIONALE SUR L’EDUCATION DES FILLES :DISCOURS DU CHEF DE L’ETAT

CONFERENCE INTERNATIONALE SUR L’EDUCATION DES FILLES :DISCOURS DU CHEF DE L’ETAT


Monsieur le Premier Ministre de la République du Rwanda ;
-    Madame la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie ;
-    Madame la Première Dame ;
-    Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;
-    Messieurs les Présidents des Grandes Institutions de la République ;
-    Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
-    Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et des Organisations Internationales ;
-    Mesdames et Messieurs les Chefs de délégations ;
-    Distingués invités ;
-    Mesdames, Messieurs

Il est des moments et des évènements qui marquent d’une pierre blanche l’histoire de nos pays et de nos organisations.

La conférence internationale consacrée à l’éducation des filles et à la formation des femmes, qui nous réunit aujourd’hui, est au nombre de ces évènements majeurs qui resteront gravés, à jamais, dans le marbre.  

Je voudrais, à cet égard, remercier du fonds du coeur, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) qui a porté son choix sur le Tchad, pour la tenue de cette rencontre fraternelle du donner et du recevoir pour emprunter cette expression chère au poète-Président SENGHOR qui est l’un des architectes de la Francophonie.

Toute mon infinie gratitude va à l’endroit de Madame la Secrétaire Générale de l’OIF, ma sœur Louise MUSHIKIWABO,  qui matérialise son tout premier programme d’envergure dans  notre pays.

A tous les frères et sœurs venus du vaste espace francophone, je vous  souhaite la bienvenue et un agréable séjour à N’Djamena.

Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs.

L’Organisation Internationale de la Francophonie  dont l’avènement  a été unanimement salué par nos États et nos populations est un ferment essentiel de diversité culturelle et  de solidarité.

Les actions agissantes de l’OIF dans le domaine de l’éducation et de la formation  font de cette organisation des peuples un outil irremplaçable au service du développement humain.

Aujourd’hui plus qu’hier, l’expression concrète de cette  philosophie nous est  démontrée à travers la présente conférence axée sur une question prégnante à savoir l’éducation des filles et la formation des femmes.

Il est évident, que les efforts colossaux déployés  par nos pays et les partenaires au développement pour tenir cet important pari, n’ont  pas toujours  produit les résultats escomptés.
 
Si le rapport mondial de suivi sur l’éducation 2017/18 démontre que le monde a atteint la parité entre les sexes à tous les niveaux, sauf dans l’enseignement supérieur,  il n’en va pas de même pour toutes les régions, tous les pays et tous les groupes de revenus.

Seuls 66 % des pays ont atteint la parité entre les sexes dans l’enseignement primaire, 45% dans le premier cycle du secondaire et 25 % dans le deuxième cycle du secondaire.

Beaucoup de pays francophones dont le Tchad sont en butte à cette problématique majeure  qui mérite d’être  questionnée dans toutes ses dimensions.

Mesdames et Messieurs

Au Tchad, l’indice de parité fille/garçon est passé de 0,49 au primaire à 0,75 entre 1990 et 2015, de 0,30 à 0,45% au 1er cycle du Secondaire et de 0,23 à 0,28 au 2nd cycle.

Selon une étude récente sur la scolarisation de filles, 84% des filles interrogées estiment que ce sont les causes en lien avec le mariage qui les conduisent à abandonner l’école.

De même, les données démographiques montrent que 86% de femmes sont analphabètes. Ce faible taux d’alphabétisation couplé à celui de la scolarisation rend peu efficace la participation de la femme au développement du pays.

Pour inverser la tendance, le Gouvernement a lancé   des actions fortes à la fois sur les terrains  politique, institutionnel et pédagogique.

Outre les reformes des curricula qui sont  entreprises pour briser tous les stéréotypes en lien avec le sexe, notre pays a adopté une loi portant interdiction du mariage des filles de moins de 18 ans.

Dans le même sillage, la création de 24 lycées scientifiques, le recrutement en cours de 1439 enseignants scientifiques, la remise des prix d’encouragement et l’octroi des bourses aux filles ayant les meilleures notes dans les disciplines scientifiques et technologiques constituent des initiatives pour encourager celles-ci à opter pour les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques.

Mesdames et Messieurs

Il me plait de relever que les questions relatives à l’égalité de genre et à l’autonomisation de la femme sont au cœur des réflexions et débats consacrés aux politiques de développement au Tchad.

Le Gouvernement estime qu’au terme de la mise en œuvre du Plan Intérimaire de l’Education au Tchad et du Plan National de Développement, PND 2017-2021, fondés sur la réduction des disparités, les indicateurs en matière d’éducation des filles et de formation des femmes vont s’améliorer  de manière significative.

Mais, il n’est pas superflu de signaler qu’au moment où le Tchad s’évertuait à améliorer les indicateurs en matière d’éducation et de formation, les crises ont éclaté dans les pays voisins, l’obligeant à partager les ressources déjà limitées avec les réfugiés venant des différents pays riverains.

Le Gouvernement, fidèle à ses engagements internationaux et se basant sur l’hospitalité de son peuple, a pris, lors d’un séminaire gouvernemental dédié à l’éducation, la courageuse décision d’intégrer dans le plan sectoriel la question de l’éducation  des réfugiés.

Aujourd’hui, faut-il le rappeler, le Tchad accueille plus de 450 000 réfugiés dont au moins 180 000 sont en âge scolaire. Cette population en déplacement est à 55% constituée des femmes. Ce qui accroît les besoins en matière d’éducation et de formation des filles et des femmes.

A l’inverse, nos ressources se sont fortement amenuisées suite à la conjoncture économique due à volatilité des cours du pétrole et à l’insécurité consécutive à la menace terroriste.

Vous comprenez aisément, mesdames et messieurs, que dans ce contexte, la proportion des ressources affectées à l’éducation prend un sacré coup en dépit de la priorité absolue accordée à ce secteur vital.

Cette situation hautement préoccupante entraine une baisse de la qualité des services et un ralentissement de l’accès à l’éducation et à la formation.

Distingués invités ;
Mesdames, Messieurs

Comme nous le savons, la situation que je viens de décrire, est identique à plusieurs pays de l’espace francophone. C’est pourquoi, nous saluons la Stratégie de la Francophonie pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, des droits et de l’autonomisation des femmes et des filles.

Mon pays adhère totalement aux différents objectifs de cette stratégie et encourage les autres pays et les partenaires au développement à faire autant pour nous permettre d’atteindre les Objectifs du Développement Durable (ODD), bâtis autour de la réduction de l’inégalité.

Je forme le vœu que cette rencontre amène  toutes les sommités intellectuelles, ici présentes, à développer des réflexions pointues et pertinentes en vue  d’identifier les contraintes diverses liées à l’éducation des filles et à la formation des femmes et de proposer des mesures d’ajustement en lien avec nos défis.

Permettez-moi, de demander aux experts tchadiens, une pleine participation aux réflexions dans la perspective de donner une valeur ajoutée à la mise en œuvre de nos politiques  dans le domaine de la scolarisation des filles.

Il faut que nos filles soient  nombreuses à investir le territoire des écoles, collèges et lycées. Dans la même veine, la formation des femmes qui demeure notre souci permanent doit se faire en même tant que celle des hommes.

La refondation de notre nation à l’ère de la 4ème République ne peut se réaliser sans la participation  active, effective et dynamique des femmes.

Il n’y aura jamais de développement si plus de 50% de nos concitoyens sont en marge du savoir.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs

Avant de terminer mes propos, je voudrais remercier une fois de plus, au nom du peuple tchadien, l’OIF pour les précieux  concours matériels, techniques et financiers qui ont contribué à l’organisation des présentes assises.

Je voudrais, enfin dire merci à tous les partenaires techniques, financiers et sociaux qui nous accompagnent chaque jour sur le chemin de l’émergence.

Sur ce, je déclare ouverts les travaux de la conférence internationale sur l’éducation des filles et la formation des femmes dans l’espace francophone.

Je vous remercie de votre aimable attention.


Par: DGCOM Le 18/06/2019 11:58