JOURNEE NATIONALE DE PRIERE POUR LA PAIX ET LA COHABITATION PACIFIQUE : DISCOURS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE.

 JOURNEE NATIONALE DE PRIERE POUR LA PAIX ET LA COHABITATION PACIFIQUE : DISCOURS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE.

- Monsieur le Président du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques ;
- Monsieur le Président de la Conférence Episcopale du Tchad ;
- Monsieur le Secrétaire Général des Ententes et Eglises de la Mission Evangélique du Tchad ;
- Mes chères sœurs ;
- Mes chers frères.

Les prières et les louanges que nous venons de faire, toutes confessions réunies, sont entrées dans les habitudes des tchadiens.

Cette journée de prière dédiée  à la paix et à la cohabitation pacifique scelle et célèbre l’unité fraternelle et l’entente mutuelle entre les différentes congrégations religieuses de notre pays.

Aussi voudrais-je congratuler fortement les organisateurs qui se sont investis pour la tenue effective de ce rendez-vous en dépit des contingences et de nos calendriers.
Frères Leaders Religieux,
Mes frères et Sœurs

La célébration de la Journée Nationale de prière pour la Paix et de la Concorde Nationale qui est une initiative inédite dans notre sous-région voire dans notre continent est pour nous tchadiens une véritable source de fierté. Cette  initiative interreligieuse constitue sans nul doute un laboratoire fécond en matière de culture de  paix, de dialogue, de tolérance et de cohésion.  

Ces valeurs fortement ancrées dans nos esprits et  profondément enfouies dans nos cœurs font notre force et constituent le puissant levain de notre marche collective vers le progrès, la modernité et l’émergence.  

Aujourd’hui, si la culture de la paix, du dialogue et de la tolérance s’enracine solidement dans notre pays, cela est dû en grande partie à l’action et à l’investissement de nos dignitaires et responsables religieux.

C’est le lieu ici d’exprimer toute la reconnaissance de la Nation à nos leaders religieux pour cette mission  sacerdotale éminemment patriotique.  
Je vous convie, chers leaders religieux, à poursuivre ce travail avec un engagement décuplé et une détermination renforcée.

Mes frères et Soeurs

La paix est certes aujourd’hui un acquis mais elle est aussi une conquête permanente.  Et il est de notre devoir de veiller au grain pour éviter toute situation de nature à compromettre cette paix et cette stabilité que nous avons construite  au prix d’immenses sacrifices et de manière  obstinée.

Vous comprenez surement pourquoi, je ne rate pas une seule occasion pour parler de la paix, de la stabilité, de la sécurité et de la cohésion nationale qui ont un caractère impérieux.

A ce sujet, j’invite les Tchadiennes et les Tchadiens à plus d’amour, de fraternité et d’entente. Les conflits  agriculteurs-éleveurs que nous continuons à enregistrer  tranchent avec notre idéal de concorde nationale.

L’harmonie et la complémentarité qui ont toujours caractérisé les rapports entre ces acteurs du monde rural doivent se perpétuer et se renforcer. Rien, absolument rien ne saurait créer une discorde entre les agriculteurs et les éleveurs qui sont nos premières forces du développement.

Je tiens aussi à noter, avec force, que la culture du communautarisme à laquelle l’on assiste ces derniers mois, est un danger pour la paix et l’unité nationale.  Une banale dispute ou une simple querelle entre deux individus  ne saurait constituer une source de conflit qui engage leurs communautés entières.

Si une quelconque friction entraine mort d’homme,  il revient à la justice de la République  de faire son travail. Il n’appartient pas à un citoyen de se faire justice.  Un tel comportement conduit au désordre et à l’anarchie.

Chers compatriotes, nous devons éviter les comportements de nature à mettre en cause l’harmonie sociale et la cohabitation pacifique.


Mes chers frères et soeurs.

La paix que nous appelons de toutes nos forces est aussi tributaire du dialogue social. C’est pourquoi, je saisis cette opportunité pour saluer le protocole d’accord que le Gouvernement et la plateforme syndicale viennent de conclure. Cet accord  qui est le fruit d’un dialogue  franc et sincère va sans nul doute dans l’intérêt supérieur du pays. Aussi est-il important que le fil du dialogue et de la concertation soit maintenu de manière permanente et pérenne.

Je voudrais, encore rappeler, à notre meilleure compréhension que la crise financière actuelle nous commande la maitrise de nos charges et la discipline budgétaire.  

De même, nous devons nous attaquer avec une détermination décuplée à la corruption et à la dilapidation des deniers publics. Je sollicite, à cet égard, la contribution de nos frères leaders religieux pour sensibiliser nos compatriotes sur la nécessité d’adopter des  conduites  vertueuses  et des comportements exemplaires.
Aujourd’hui, le niveau de la prévarication a atteint son firmament. Les preuves  de l’enrichissement illicite sont visibles comme l’attestent les villas cossues qui poussent un peu partout. Tous les prédateurs de la République doivent comprendre que leurs actes ne resteront pas impunis.

Chacun doit  justifier ses biens et son patrimoine par rapport à son salaire. Pour ceux qui pensent que mon propos sera sans suite, ils vont bientôt se rendre à l’évidence. La loi sera appliquée dans toute sa rigueur, dans toute sa force et dans toute sa plénitude.

Frères leaders religieux ;
Mes frères et Soeurs

Je ne saurais clore mon propos sans dire un mot sur le terrorisme qui représente toujours une menace. Certes nos Forces de Défense et de Sécurité ont infligé de sérieux revers à la secte Boko Haram  mais celle-ci  n’a pas totalement perdu sa capacité de nuisance.

C’est pourquoi, la vigilance doit toujours être notre maitre-mot.
J’exhorte vivement les comités de vigilance  à renforcer le niveau de l’alerte et à être constamment aux aguets comme ils le font maintenant.

Que Dieu bénisse notre pays.

Je vous remercie.

Par: DGCOM Le 10/03/2017 08:16