Discours du Président de la République à Léré
Au cours de sa visite de travail à Léré, le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a animé un grand meeting. Devant ses frères et sŒurs du Mayo-kebbi ouest, le Chef de l’Etat a exhorté les et les autres au travail tout en appelant, les fils du Tchad à l’unité et à la cohésion sociale Frères et sŒurs du Grand Mayo - Kebbi, du Mayo - Kebbi Ouest, frères et sŒurs du Département du Lac Léré et particulièrement de Léré, je vous salue ! Permettez-moi de vous dire ce petit mot qui vient tout droit de mon cŒur : « Soko pouli ! ». Mes frères et sŒurs, Votre mobilisation depuis hier pour venir nous accueillir m’a profondément touché. Et je dis du fond du cŒur à tous mes frères, à toutes mes sŒurs, à toute l’élite intellectuelle et politique, à la jeunesse, aux femmes, à la chefferie traditionnelle, aux notables, aux religieux, toutes séries confondues, vous m’avez sincèrement, par votre accueil, touché au plus profond de mon cŒur. Je voudrais aussi profiter de cette occasion qui m’est offerte pour vous remercier, du fond de mon cŒur, du travail que vous avez, de votre propre gré, de votre propre engagement, fait pour que les élections de 2011, les législatives, les présidentielles et les locales se déroulent dans le calme et dans la sérénité. Et que par voie de conséquence, dans toutes les élections, votre choix est porté à ma personne. Merci mille fois. Mes frères et sŒurs, Vous êtes sortis très nombreux. Je regarde vos visages. Je suis venu vous écouter. En regardant vos visages, j’ai compris votre message. Le Mayo Kebbi, il faut le rappeler, dans l’histoire tumultueuse qu’a connue notre pays, est l’une des rares, je dis bien rares régions où les armes n’ont pas tonné. Ceci grâce à la sagesse des filles et fils du Mayo- Kebbi géographique, du Mayo- Kebbi Ouest, du Lac Léré, de la population de Léré. L’histoire reconnaitra cela. Vous avez été le point de jonction quand le Tchad était divisé en deux : Nord/Sud, musulmans/chrétiens. La stabilité et la paix auxquelles nous aspirons tous aujourd’hui, du profond de notre cŒur, cette paix est arrivée grâce au concours de tout le peuple tchadien.L’apport du Mayo - Kebbi a été exceptionnellement remarquable. Donc, je pensais venir vous écouter mais je pense que je dois parler moi-même. Je suis chez moi. Monsieur le maire, vous allez me donner un terrain. Si je n’ai pas une maison, ce n’est pas chez moi. Mes frères et sŒurs, Je suis sûr et je le sais depuis toujours que vous êtes attachés à des valeurs, des valeurs sacrées. Ces valeurs s’appellent l’unité nationale, la paix, la stabilité, la liberté, le droit, la démocratie. Je vous exhorte de continuer à préserver ces valeurs essentielles et cela est valable pour l’ensemble des enfants du Tchad. Ils doivent emboîter le pas et consolider ces valeurs là, condition sine qua none d’un développement harmonieux de notre pays. Dieu a béni le Mayo-Kebbi, le Mayo-Kebbi/Est et Ouest, le Lac de Léré et Léré. Une région dont la richesse cachée est inestimable. Une région où les filles et fils sont des hommes et des femmes qui travaillent et qui n’ont pas peur de verser leur sueur. Continuez ! Continuez à travailler. C’est par le travail que nous allons développer notre pays, c’est par le travail que nous allons vivre. C’est par le travail que nous léguerons un héritage extrêmement précieux aux futures générations. Je disais tantôt que je vais parler. Le Mayo-Kebbi, la ville de Léré, le Département du Lac Léré, le Mayo- Kebbi Ouest méritent autant que les autres régions du Tchad leur part de développement. Depuis hier, j’ai rencontré par groupes, mes sŒurs et mes frères et je les ai bien écoutés.J’ai bel et bien enregistré vos préoccupations et vos doléances qui sont légitimes et vous méritez cela. L’élite du Mayo-Kebbi/Ouest, du Lac Léré et de Léré, l’élite politique, l’élite intellectuelle doivent accompagner les parents, m’accompagner et accompagner les parents dans le processus de développement que nous allons déclencher. Cela se fera dans la cohésion totale, sans déchirure, dans la fraternité et cela est d’autant plus important car nos frères et sŒurs du monde rural ou du fin fond du village n’ont pas besoin d’être bousculés par les positions politico-politiques ou autres. Aidez ces parents, allez au fin fond du village, supportez-les, conseillez-les, aidez-les mais pas les diviser, dans le respect de la tradition, des us et coutumes qui sont chers à cette région du Mayo-kebbi. A l’administration du territoire, aux Gouverneurs, Préfets, Sous/Préfets, Sultans, Chefs de canton, vous avez la responsabilité de la population de cette région et vous devrez la servir honnêtement, la servir honnêtement ; nous avons besoin d’une administration de développement, nous avons besoin d’une administration plus proche de la population, des préoccupations de la population. Nous avons besoin d’une administration qui est au cŒur des problèmes et des préoccupations de la population, mais pas une administration prédatrice, une administration qui se sert mais qui sert la population. Une administration qui sécurise, qui sécurise la population et une administration qui participe pleinement, je dis bien pleinement, au développement harmonieux de la région. Ce que je dis est valable pour vous, administrateurs du Mayo-Kebbi, du Mayo-Kebbi/Ouest et pour toute l’administration sur l’ensemble du territoire. Il faut vous mettre au travail. Le conflit agriculteur-éleveur est un marché. C’est un marché juteux, il faut arrêter, il faut arrêter. Il n’y a aucune raison que les Tchadiens cultivateurs, paysans, éleveurs qui se complètent, ne puissent pas vivre ensemble. Ce n’est pas vrai et moi je ne crois pas à cela. Il y a une main qui divise et une main qui met à mal la cohabitation pacifique entre deux choses les plus importantes de notre pays qui sont le destin du développement du Tchad, puisque les deux mamelles de l’économie du Tchad, c’est l’agriculture et l’élevage. Ce n’est ni le pétrole, ni l’or, ni le ciment. Aidez ces populations à vivre ensemble. Monsieur le Gouverneur, Messieurs les Préfets, Sous-préfets, Sultans, Chefs de canton, chefs de village, forces de l’ordre. Vous êtes issus de la population, vous êtes des enfants de la population tchadienne. Vous devez vous comporter comme tels. Vous devez vous comporter comme tels et nous veillerons à ce que nos agents des forces de sécurité soient des hommes honnêtes, sincères qui eux aussi servent la population, sécurisent la population, dans le respect des lois du pays, dans le respect de la tradition, des us et coutumes du pays. Mes frères et sŒurs, Je le dis avec beaucoup de regret que l’exemple de Mata Léré est le plus mauvais exemple que nous avons connu dans cette région. Plus jamais cela. Plus jamais cela, plus jamais Mata Léré encore. Hommes d’affaires et commerçants, maillons essentiels du développement de l’économie de notre pays, contribuez efficacement et honnêtement au développement de la région. S’il vous plaît, n’augmentez pas artificiellement les prix sur les produits de première nécessité. La recherche de la plus value effrénée est un mauvais signal. Vous allez vous appauvrir et appauvrir la population aussi. Nos opérateurs économiques doivent être de grands producteurs, ils doivent travailler la terre. Ils doivent imaginer et créer des PME et PMI pour créer des emplois. Certes, la région est enclavée mais c’est une question de quelques mois ou de quelques années. Cela ne doit pas vous amener à prendre le mauvais pas, celui qui consiste à augmenter, augmenter, augmenter le prix pour bénéficier. Vous tuez la population, ce n’est pas bien. Cela dit, j’avais promis pendant la campagne électorale de 2011 à partir de Pala, et cela concernait toute la région à propos des engagements que j’ai pris .Mon langage a été clair, vous n’avez pas oublié cela, moi non plus, je n’ai pas oublié les termes de mes propos. Mon premier souci, c’est d’arriver à réaliser l’ensemble des promesses que j’ai faites en son temps à l’endroit de cette population merveilleuse, cette population tchadienne, particulièrement attachée à la paix et à la stabilité. Mes jeunes frères et sŒurs, Piliers du développement de notre pays, vous êtes déjà debout et à l’ouvrage. Travaillez, soyez créatifs, organisez-vous pour produire la richesse. En 2012, nous mettrons à la disposition de cette région, en plus des micros crédits gérés par un ministère, un fonds de 2 milliards de FCFA pour la région, destinés en particulier à la jeunesse et aux femmes qui travaillent. Au sujet de votre préoccupation, j’ai pris là aussi un engagement en son temps, pour le bitumage de la route Kélo-Pala-Léré. Les études des routes Kélo et Pala sont terminées. Les études concernant le tronçon Pala-Léré sont à la dernière phase de leur finition et je vous promets que la construction de cette route va démarrer début 2013. Le Mayo-Kebbi, comme toutes les régions du Tchad, a besoin des grandes institutions de formation. La ville de Pala sera dotée d’une grande université ; Léré verra la création des centres de formation professionnelle. Je prends l’engagement total. Nous allons rapidement, avant même les premières pluies, avant le mois de juin, commencer la construction de 20 écoles primaires, deux Lycées, cinq CEG, un hôpital de district, des centres de santé dans les chefs-lieux des Sous-préfectures, et au mois d’avril, vous aurez aussi plus de 100 tracteurs pour le Mayo-Kebbi/Ouest. 100 tracteurs pourquoi ? 100 tracteurs, c’est pour produire, 100 tracteurs, c’est pour produire. Et vos voisins, vos frères du Mayo-Kebbi/Est ne sont pas non plus oubliés. Eux aussi, ils auront leur part. Ces tracteurs seront mis à votre disposition avec chauffeurs, mécaniciens et carburants et en même temps avec la mise en place de ces tracteurs, les engrais seront mis en place aussi. Il reste quoi ? Travailler, travailler et produire. Nous n’avons aucune raison, je dis bien aucune raison de crier chaque année, en période de soudure, insécurité alimentaire, chaque année, chaque année, chaque année. Dieu nous a donné tout. L’essentiel, c’est l’eau, ce sont les terres fertiles, cultivables, des dons de Dieu. Mais utilisez-les. Et je suis sûr que vous allez les utiliser à bon escient pour produire, vous nourrir et nourrir les autres aussi. Le monde rural sera au cŒur de mon action et de l’action du gouvernement. Le forum que nous avons tenu en février à N’djamena sur le développement du monde rural, aura dans les mois à venir ses effets positifs sur l’ensemble de nos agriculteurs, de nos éleveurs des fins fonds du village. Nous allons avoir de l’eau potable, créer des centres de santé, mécaniser notre agriculture et donner une chance à nos progénitures, à nos enfants, filles comme garçons, de prendre le chemin de l’école. Les filles comme les garçons ne doivent pas être derrière les bŒufs ou dans les champs mais leur place est à l’école. Populations du Mayo Kebbi Ouest, vous tenez aujourd’hui, je dis bien en terme brut de la scolarisation, le palme d’or puisque vous êtes actuellement à 88 pour cent. Il vous reste combien pour faire 100 pour 100 ? Seulement 12%. Faites un effort, un bond pour arriver à 100% de scolarisation de tous nos enfants, filles comme garçons. Mes frères et sŒurs, Je vous promets aussi, puisque j’ai fait des promesses en son temps, comme ce qui va se faire à Pala, Léré va se doter d’un marché moderne. Léré va se doter aussi d’un stade omnisport pour la jeunesse. Nous allons faire en sorte que l’eau potable soit à la disposition des populations de la ville de Léré. La piste d’atterrissage de classe « 2 » va être construite. Evidemment nous n’allons pas oublier nos administrateurs qui travaillent dans des conditions assez difficiles. Préfets et sous-préfets, secrétaires généraux, gouverneurs et autres, nous allons doter toutes nos entités administratives des infrastructures qui permettent un fonctionnement normal de l’administration. Je prendrais aussi mon bâton, ensemble avec vous, pour imaginer toutes les solutions possibles pour sauver le lac Léré. Cela est d’autant possible puisque deux éléments concourent à la destruction du Lac Léré. Il y a un des éléments que nous ne maitrisons pas. L’autre élément que nous maitrisons, c’est la destruction de l’environnement par l’homme. C’est votre bien commun. Le Lac Léré est un lac unique en son genre en Afrique et dans le monde aussi. Il fait partie du patrimoine national. Que toute la population en soit sensibilisée pour maintenir le lac à l’état actuel et que nous intervenons pour le sauver définitivement. J’ai écouté dans mes rencontres hier soir et je voudrais dire aux congrégations religieuses de Léré que j’ai compris leur message. J’apporterai mon concours pour qu’ils aient des lieux de culte qui leur permettent de faire toutes les prières pour la paix, prières pour la stabilité, prières pour la cohésion et prières pour le développement. Dans le désenclavement de votre ville, je parlais tantôt de la route Pala-Léré. Dans le même marché qui sera attribué, vous aurez aussi vos 10 km à l’intérieur de la ville de Léré qui seront goudronnés. A cela, s’ajoute des grandes actions que nous allons entreprendre pour mettre en valeur les richesses du sous-sol du Mayo-Kebbi Ouest. Je ne vais pas les citer, parce que je risque de vous attirer des ennuis. Mais sachez que nous allons non seulement réglementer actuellement la recherche de l’or qui se fait d’une manière très anarchique, mais nous allons faire en sorte que l’or du Mayo-Kebbi soit exploité d’une manière industrielle. Il y a aussi d’autres ressources importantes dans le sous-sol du Mayo-kebbi. Nous allons les faire sortir. Je voudrais, mes frères et sŒurs, je dis bien, une fois de plus à toute la population, en particulier à l’élite politique et intellectuelle. Je vous demande, au-delà de vos différences, ce qui est absolument normal, car nous sommes dans une démocratie ; je vois devant moi et avec beaucoup de plaisir des pancartes RNDT – Le Réveil ; Je vois la calebasse, je vois là-bas le MPS, et il y en a bien d’autres. C’est ça le pluralisme politique, la démocratie. Ce n’est ni plus ni moins. Sachez cohabiter ensemble. Les partis ne sont pas faits pour diviser les gens. Au grand jamais. Chacun a ses idées, il les défend dans la fraternité. La démocratie et la violence ne peuvent pas cohabiter. C’est impossible. La violence ne peut pas cohabiter avec la démocratie. Cohabiter, c’est vivre ensemble dans l’intelligence dans le respect réciproque ; je dis bien dans le respect réciproque. Ainsi, vous aiderez vos parents et vous m’aiderez moi aussi à réaliser les promesses que je viens de faire à la population. Je compte sur vous. Frères et sŒurs, Hier, vous avez passé toute la journée sous un soleil de plomb. Je ne vais pas non plus vous garder encore sous ce soleil de plomb. Sachez tout simplement, les enfants de Léré, que je suis des vôtres. J’aurai ma maison bientôt et je viendrai moi aussi vivre avec vous. Une fois de plus, mes frères et sŒurs, soko, soko, soko pouli
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